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Volume 1 Musiques Arabo-Andalouse

- Introduction
- Volume 1 Musiques Arabo-Andalouse
- Volume 2 du Bédoui au Raï
- Volume 3 Chansons Kabyles de résistance
- Volume 4 Le Chaabi

La musique arabo-andalouse est la musique savante de référence algérienne, elle est codifiée et se transmet de maître à élève et exige le maintien du respect d’un ensemble de règles musicales.

Elle est l’héritière de la musique chrétienne pratiquée en Espagne et au Portugal avant la Conquista, de la musique afro-berbère du Maghreb et de la tradition musicale arabe transmise au IXe siècle de Bagdad (alors capitale des Abbassides) à Cordoue et Grenade.

La musique Arabo-Andalouse, bien que reposant sur des règles très strictes, est une musique non écrite se transmettant oralement. Bien avant la chute de Grenade, de nombreux musiciens musulmans s’étaient repliés en Afrique du nord. La tradition musicale arabo-andalouse s’y est développée jusqu’à nos jours.

Bien que les premiers enregistrements (sur cylindre) de musique Arabo-Andalouse remontent aux année 1920, c’est vers les années 1930, à l’occasion des fêtes du centenaire de la conquête française qu’en musique comme en politique, l’Algérie reprend conscience de sa personnalité. L’engouement de la population pour ces musiques, aiguillonnées par l’arrivée de films et musiques venant d’Égypte commence à inquiéter l’administration coloniale qui y voit les germes d’un nationalisme exacerbé. Lors d’une conférence en février 1937, le bachagha Smati s’insurge, considérant cette musique comme : « une forme de propagande antifrançaise d’autant plus dangereuse qu’elle s’exerce sur un terrain neuf et par des moyens insidieux. Je veux parler de la propagande par le disque en faveur des idées nationalistes et panarabes d’importation orientale. »

Radio-Algérie accomplit de gros efforts pour remettre la musique classique à l’honneur, la diffuser et la faire aimer davantage. Elle programme tout de même des émissions de musique Arabo-Andalouse, mais à 2h, 4h et 7h du matin, ce qui est peu satisfaisant.

Pour pallier à ces insuffisances, toutes les grandes villes d’Algérie créent alors leur société musicale pour faire revivre la musique andalouse et se sentent obligées d’incorporer à leur répertoire tous les succès du moment.
(Alger : El Andalousia 1929, El Djazaïr 1930, Gharnata 1935 ; Constantine : Mouhibine el Fen 1934, Chabab el Feny 1936 ; Mostaganem : El Mokhtaria 1920, Essaïdia 1938 ; Béjaïa : Echabiba 1938, Nadi 1945 ; Blida : Widadia 1932, Cercle Nahda 1933 ; Tiaret : Khaldia Club 1928 ;
El Koléa 1930 Tlemcen : La SLAM 1934, etc.

source Miliani Hadj dans : Comment constituer une tradition ? Le cas des chants et des musiques populaires en Algérie).

Dans cette compilation les cinq premiers titres sont des ISTIKBHAR. Celui-ci est le prélude par lequel débutent toutes les Noubas en Algérie. Il est entièrement basé sur l’exploitation et le perfectionnement de la voix humaine. Cette partie chantée est réservée au chanteur principal de la Nouba qui pourra y faire montre de toutes ses prouesses vocales.

Dans cette compilation nous verrons dans les titres 1 et 2, deux morceaux de la Nouba classique. Puis dans les titres 3 et 4 un des styles dérivé du classique : Le Hawzy, le 5 et un autre style dérivé du classique l’Aroubi. Les titres 6 et 7 sont des Malouf classiques la variante de Constantine de l’Arabo-Andalou. Les titres 8, 9 et 10 sont aussi des Malouf de Annaba et de style plus libre. Le titre 11 est d’un style plus populaire.

Dahmane Ben Achour (11 mars 1912-15 septembre 1976) est une figure de proue de la musique classique algérienne. De son vrai nom Achour Abderrahmane, Dahmane Ben Achour est né à Ouled Yaïch (Blida).
Dès son jeune âge et accompagné par l’un de ses amis, Ali Mili issu des grandes écoles de l’art classique, il se fait remarquer en 1931, par sa belle voix au sein de la société blidéenne de musique El-Adabia. Dès 1946, il acquiert de solides bases musicales en musique arabo-andalouse au sein de l’orchestre dirigé par Mohamed Fakhardji et devient un érudit du Hadra traditionnel.
Il chantait et jouait tous les instruments. Il fut également un pédagogue de renommée et fut un pilier du renouveau et de la transmission de cette musique.

Cheikha Tetma née à Fatéma Tabet (1891-1962) est une interprète algérienne de musique Hawzy et du genre Hawfi originaire de Tlemcen. Cheikha Tetma fait partie de ces musiciens qui ont marqué la vie artistique algérienne dans la première moitié du XXe siècle. Elle a été la première femme à chanter à Tlemcen. De 1919 à 1925, l’artiste est contrainte de s’exiler à Fès au Maroc suite à suite à une cabale menée par certains notables conservateurs colons de la ville. S’imposer comme un maître de ce style musical lui a donné une image « féministe » qui lui vaut encore de nos jours en Algérie le surnom de « Cheikha Tetma, la Diva rebelle du Hawzy ».

Fadhéla Dziriya, de son vrai nom Fadhela Madani (née le 25 juin 1917 à Alger, décédée le 6 octobre 1970) est une cantatrice algérienne spécialisée dans la chanson Hawzi et Aroubi. Elle est l’une des figures de proue de cette musique à Alger. Découverte grâce à une émission de Radio Alger, elle va, après son départ en France en 1935, chanter le « Asri » (moderne) dans les lieux fréquentés par la communauté maghrébine et arabe. C’est en 1949 qu’elle optera définitivement pour le genre musical traditionnel qui lui apportera la consécration. Mais cette carrière artistique prometteuse ne l’empêcha pas de participer, avec sa soeur Goûté, à la guerre de Libération nationale et d’être jetée en prison à Sekondi pour collecte de fonds au profit du FLN.

El Hadj Mohamed Tahar Fergani né le 9 mai 1928 à Constantine, est un chanteur, violoniste et compositeur algérien surnommé Le rossignol de Constantine. Maître de Malouf qui est le répertoire de la musique arabo-andalouse de l’école de Constantine. Figure de proue de ce style musical, son chant est souvent décrit comme une harmonie exquise. Il parvient à réaliser une synthèse équilibrée de la chanson traditionnelle dans ses différentes facettes. La puissance de sa voix incarne un degré de qualité d’interprétation qui charme un grand nombre des mélomanes. Il demeure l’un des rares chanteurs à interpréter ses compositions portant sur quatre octaves.

Cheikh M’Hamed El Kourd de son vrai nom Mohamed Benamara, est né dans la Vieille Ville d’Annaba le 2 août 1895. Pendant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé en Allemagne où il continue à pratiquer son art.
Durant son périple à travers les pays d’Europe et d’Orient il fréquenta des grands maîtres de la musique arabe de Syrie, d’Egypte, de Tunisie, de Turquie et notamment du Kurdistan où il fit connaissance avec la musique Kurde et où il hérita par la même occasion du surnom
« d’El Kourd » (le Kurde) qui deviendra à jamais son pseudonyme d’artiste. C’est avec le piano, instrument dont il devient un virtuose, qu’il acquiert la notoriété en l’intégrant pour la première fois dans un orchestre de Malouf. L’oeuvre de Cheikh M’Hamed El Kourd démontre
remarquablement la contribution du maître à la musique algérienne. L’évocation de Cheikh El Kourd aujourd’hui ne va pas sans rappeler le le contexte dans lequel surgissait la notoriété le contexte dans lequel surgissait la notoriété de cet artiste hors pair : le colonialisme en Algérie était alors à son apogée. On s’apprêtait même à en commémorer en grande pompe le centenaire (1830-1930). La quête d’émancipation ne faisant pas encore l’unanimité chez les « indigènes », l’aspiration nationaliste buttait alors fortement sur la politique d’assimilation des autorités coloniales. Grâce à M’Hamed El Kourd, Annaba, l’ex Bône, soumise le jour, s’encanaillait
souvent, le soir venu, sur les airs du malouf.

Hacene El Annabi (Ahcène Aouchel est né en 1925 à El Kseur Béjaïa). Il avait six mois quand sa famille vint s’installer à Annaba. Il commencera très vite à tâter à l’art dans sa ville d’adoption, dans le quartier des Beni M’haffeur que les colons appelaient sarcastiquement à Annaba les Beni Ramassis car considéré alors comme un fief nationaliste, un vrai bastion de fedayin. A l’époque, le malouf à Annaba était un vivier de talents confirmés comme cheikh M’Hamed El Kourd, Mostepha Ben Khammar, cheikh Samaï, cheikh Larbi, etc. Des noms illustres qui ont su imposer au malouf local, aux origines sévillanes, un style et un cachet particuliers. Son approche originale du malouf a consisté notamment à simplifier les morceaux, à faire des recherches linguistiques pour donner un plus grand sens aux compositions. Aujourd’hui, l’école de musique de Annaba porte son nom.

Abdelhamid Ababsa est né le 15 décembre 1918 à Barika (Batna), Pendant sa jeunesse, il écoute chanter Oum Kaltoum, Mohamed Abdelwahab et Farid El Atrache. Par nationalisme il suit des cours d’arabe. Le secret de la musique, il l’a pénétré en autodidacte et ses premiers pas dans la chanson nationaliste, il les fit en mettant en musique un poème de son père. C’est lui aussi qui composa la musique du chant patriotique Fidaou el Djazaïr de son ami Moufdi Zakaria. Atteignant la plénitude dans l’interprétation des chants, celle des qaçaids (poèmes populaires), Forgé au nationalisme et à la poésie populaire, il y chante le nachid Fidaou el Djazaïr, ce qu’il lui vaut d’être proscrit de la ville. En 1945, il dénonce le massacre du 8 mai et en 1946, lors d’un meeting à Paris il chante Fidaou el Djazaïr et se retrouve en prison, pour deux ans, en compagnie de Cheikh El Hasnaoui. Durant la guerre d’Algérie, il organise en France des galas privés pour la communauté émigrée et à la veille de l’indépendance, il se consacra aux nachid et chansons patriotiques.

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