ndh music on facebook  fluxx rss ndhmusic

Accueil > Artistes > Compilation "Algérie Musiques rebelles" > Volume 3 Chansons Kabyles de résistance

Volume 3 Chansons Kabyles de résistance

- Introduction
- Volume 1 Musiques Arabo-Andalouse
- Volume 2 du Bédoui au Raï
- Volume 3 Chansons Kabyles de résistance
- Volume 4 Le Chaabi

La culture, la langue et la tradition Berbère imprègnent toujours certaines régions d’Algérie, réparties en deux grands ensembles de plusieurs millions de locuteurs, trois millions de Chaouis (Aurès) et cinq millions de Kabyles.

Les peuples de ces régions ont pris une part importante dans la lutte d’indépendance, qui commença dans les Aurès en 1954.
Ce coffret s’attache essentiellement à présenter la Chanson Kabyle.

Dès 1880, les Kabyles ont constitué la première vague de migration en France, ainsi que la plus importante communauté algérienne en Métropole, donnant naissance aux premiers mouvements anticolonialistes sur ce territoire. Nombre d’artistes kabyles, musiciens et chanteurs de Chaabi (variante algéroise de l’Arabo-Andalou, thème du 4è volume) vivaient à Alger, toute proche de la Kabylie.

Le classement, quelque fois arbitraire, s’est fait sur la base du style musical et non de la langue utilisée, (arabe algérois ou kabyle). La transmission orale est la marque de cette musique d’origine rurale, sans maitre ni élève, Elle est plus particulièrement celle des femmes et accompagne les moments importants de la vie, naissance, mariage, funérailles. Elle n’utilise que peu d’instruments et une technique de voix homophonique.

La chanson kabyle moderne naît dans les années 40, elle doit beaucoup aux immigrés qui absorbèrent des influences musicales étrangères et eurent accès à de nouveaux instruments de musique. Elle est le fait de faiseurs de poèmes à chanter.

Comme dans beaucoup de région d’Algérie, le scoutisme a été l’école du chant nationaliste, mais rapidement des auteurs compositeurs professionnels se sont engagés dans le chant militant. La censure faisait rage, l’acte même de chanter était suspect. Les multiples thèmes de la chanson kabyle abordent plusieurs aspects de la vie sociale.

La chanson Kabyle, bien qu’imagée, est le plus souvent engagée soit d’inspiration religieuse ou plus directement politique. Elle prône selon les artistes soit le « modernisme » par exemple Cheikh El Hasnaoui, soit le respect des traditions comme Abdelwahab Abdjaoui.
Quelqu’en soit le parti pris, la revendication nationale est omni présente.

Cheikh El Hasnaoui, de son vrai nom, Mohamed Khelouat, nait le 23 juillet 1910 au hameau de Taâzibt, au sud de la ville de Tizi Ouzou, Il meurt à l’Ile de la Réunion le 6 juillet 2002. Il commence à chanter très jeune et il compose toutes ses chansons pour sa dulcinée Fatma. À 17 ans il demande sa main, qui lui est refusé car elle est promise. Il s’installe alors à Alger, où il compose sa première chanson professionnelle, en hommage à sa défunte mère, ayant pour titre « Ayema Yema ». En 1937, après 6 années passées à Alger, il décide de s’exiler en France, dans le XVe arrondissement de Paris. En 1946, il enregistre chez Odéon 13 chansons, toutes des succès. Trois ans plus
tard, il récidive avec 11 succès. Durant la guerre de Libération nationale, Cheikh El Hasnaoui avait cessé toute activité en signe de solidarité. Cheikh El Hasnaoui souvent associé au titre majeur « La Maison Blanche « s’illustre dès les années 30 en créant un style propre à lui et reconnaissable à sa cascade de voix grave, aux sonorités lancinantes du banjo et à ses textes qui évoquent la douleur sentimentale. Le thème de l’exil deviendra par ailleurs le leitmotiv d’une grande partie de son oeuvre. De Lounès Matoub à Lounis Aït Minguelett, Kamel Messaoudi et bien d’autres s’inspirent ou évoquent l’oeuvre musicale de Cheikh El Hasnaoui, pour sa musique ou sa thématique récurrente de l’exil comme source d’inspiration.

Slimane Azem est né le 19 septembre 1918 à Agouni Gueghrane, un petit village situé sur les contreforts des monts du Djurdjura en Kabylie. Ses chansons ont eu un tel impact sur les consciences que certains vers sont devenus des adages dans la vie courante : « Comme disait Slimane Azem… ». Sa carrière commence en France où il était émigré. Envoyé en Allemagne au titre du STO, il est libéré en 1945. En 1947, alors que beaucoup de Kabyles quittent les villages pour venir en France, lui rentre en Algérie. Il pratique le scoutisme, et s’engage dans la lutte nationaliste à travers le MTLD. Bouleversé par les massacres de Sétif, il oriente ses compositions vers l’éveil des consciences. Entre autres thèmes elles évoquent la privation de liberté imposée au peuple, le malheur de devoir quitter son pays pour s’exiler. La guerre déclarée il compose la chanson « Idhahred Wagur » (Le croissant de lune apparaît) titre n° 4 du CD chanson kabyle.
A travers ce titre, il évoque le drapeau algérien dans une douloureuse allégorie. Dans la même période, il écrit et compose « Eff’ey ay ajrad tamurt-iw » (Criquets, quittez mon pays) Titre on ne peut plus explicite. Cette chanson a fait date dans la chanson algérienne engagée. Son oeuvre effleurée ici, est marquée par une fidélité indéfectible au caractère traditionnellement contestataire de la poésie kabyle. Dans celle-ci il a fait le choix délibéré d’interpeller les siens au moyen de chansons qui pouvaient être écoutées « en famille », c’est-à-dire en tous points conformes aux règles de la bienséance. Aujourd’hui encore, la jeune garde artistique kabyle perpétue sa mémoire à travers des reprises de ses chants les plus bouleversants (Rabah Asma, Matoub Lounès…).

Hanifa (1924-1981) a ouvert la voix aux chanteuses kabyles. Pendant la guerre elle a notamment composé une chanson « Amjahed » (Le combattant) où elle dénonce les traîtres (Harkis). Le refrain de sa chanson commence par « Nous sommes déroutés par les harkis, ils
ne veulent pas comprendre, vers le parti de la France ils commencent à se tourner. »

Kamel Hamadi, pseudonyme de Larbi Zeggane est né le 22 décembre 1936 à Ath Daoud, dans la Wilaya de Tizi-Ouzou).
Artiste incontournable du patrimoine kabyle et algérien, il a joué un rôle prépondérant dans l’émergence de plusieurs artistes de son pays. Dans la vie artistique algéroise des années 50-60, influencée par une tradition musicale d’expression arabophone malgré la présence d’une communauté kabyle dominante - le jeune homme, fier de son identité berbère, a su faire entendre sa langue maternelle, composant en kabyle pour les grands maîtres de la chanson algéroise. De Idir, à Lounis Aït Minguelett en passant par Djamel Allam et la génération rai (notamment Mami et Khaled), tous, ont croisé la route du maître bénéficiant de son influence et de son prestige pour les uns, de son génie créatif pour les autres. Mais malgré une carrière exemplaire et prolifique, Kamal Hamadi demeure une figure méconnue de la jeune génération et son oeuvre mérite davantage d’être connue dans toute sa dimension. Dès le déclenchement de la guerre, il compose des chansons qui ont trait au conflit, comme en 1956, cette chanson « L’Algérie porte un nom très aimé » dont l’armée française demande tout de suite l’interdiction. Après la mort du colonel Amirouche, Kamel Hamadi écrit une chanson où il évoque d’autres combattants tués, tels, Ben Boulaïd, Didouche Mourad, Zighout Youcef, Abane Ramdane, Ben M’Hidi, Ali La Pointe, Abderrahmane Taleb.

Akli Yahiaten né en 1933, fréquente jeune le scoutisme musulman et se familiarise avec les chants patriotiques, « Nnacidat ». Son parcours de jeunesse, qui lui voit exercer plusieurs métiers, est très mouvementé. Du village à Alger, il finit par se retrouver à Paris en 1953. Il vit en jouant dans les cafés. Pareillement, il s’engage dans les réseaux du FLN où il occupe des responsabilités. Arrêté à Paris en 1957, détenu à la prison de Fresnes, il est mis six mois en isolement total. Pendant cet isolement, il compose nombre de poèmes qui deviendront des chansons (dont le titre présent dans cet opus : « Ya Moujarrab »). La particularité, c’est que ne sachant ni lire, ni écrire, il composait ses poèmes oralement et les apprenait par coeur. Ses chansons de prison connurent toutes un grand succès. En prison, il chantait depuis sa cellule, à la longue ses « frères » commençaient à connaître ses chansons et les reprenaient. Les surveillants
interdirent aux détenus de les chanter, et qui était surpris à le faire était puni de huit jours de « mitard ». Aux grands désagréments des « matons » le « mitard » fut vite plein, et au lieu d’avoir affaire à des chanteurs isolés, ils durent faire face à des choeurs entiers chantant « Esber, Esber » (Résiste, résiste).

Youcef Abdjaoui né en 1932 à Aït Allouane (Akfadou) ; il meurt en 1996 à Paris. Par la suite, l’auteur de « Tit de wul », (l’oeil et le coeur) décide de partir en France où il compose la majorité de ses oeuvres. Youcef a chanté l’espoir, l’amour, la patrie et la terre natale, la trahison, la fraternité, les problèmes sociaux… Durant la Guerre de Libération nationale, le chanteur rejoint à Tunis la troupe musicale du F.L.N pour combattre « avec sa guitare ». Son répertoire dénonce l’injustice coloniale et pendant la guerre des chants explicites comme (titre français : « Combattant tu chemines vers la lumière »). Il était très populaire parmi les travailleurs émigrés
de la région parisienne.

Abchiche Belaïd né en 1935, s’est lancé dans l’interprétation de certaines chansons patriotiques appartenant à d’autres artistes très connus, qu’il a chantées dans des bistrots, en présence de la communauté, au moment où la guerre faisait ravage au pays.

Farid Ali Né en 1910, son vrai nom est Ali Khélifi. En 1930 il émigre en France, puis s’engage et milite au sein des Brigades Internationales en Espagne. Revenu en France, il milita très tôt au sein du PPA-MTLD. En 1951, il est expulsé de France, accusé d’avoir participé à un attentat contre un responsable de l’ORTF. Militant actif de la Fédération de France, il était recherché ce qui l’obligeait à se déplacer sans arrêt. A la fin de l’année 1957, on le retrouve comme membre de la troupe du FLN en tant qu’interprète. C’est de cette époque que date sa fameuse chanson Ayema Aziezen enregistrée à Tunis et reprise par les Djounouds dans les maquis.

Voir en ligne : Page Facebook Algérie Musiques Rebelles

Mentions légales | Nous contacter | (C) 2010-2017 NDH MUSIC | Réalisation L'agence Cédric GAUTHIER | Partenaire : Charlotte LANCOUD